jeudi 30 décembre 2010

Les interminables prisons de ma tête


Ma tête ne sait faire que cela, elle est doutée de cette très grande faculté, de me fabriquer des interminables prisons. Ma tête sait user de douceur, pour me conduire sur le chemin de la détention. Elle sait utiliser la tentation pour me vendre en esclavage en toute sérénité. Elle sait comment me convaincre de participer à l'angoisse humaine, celle de vouloir toujours être aimé.

Ma tête fardée, trompeuse exquise, araignée conservatrice, labyrinthe de mon âme, j'ai presque peur, mais je me le dois, en dépit de ton fonctionnement de survie, moi, je demande la vie !




mardi 16 février 2010

Que ceux qui ont la faveur de leurs étoiles soient fiers...


Regarde ton miroir, plonge ton regard de miel dans la face que tu vois, et dis que les vagues capricieuses de tes bras n'ont laissé aucune trace en se retirant de mon corps ! Ose dire que la musique de mes lèvres n'a mouillé aucune terre, aucun centimètre de ta chair.

C'est pas comme ça que je voulais te dire les choses, mais tant pis, ce qui est écrit est écrit !

lundi 8 février 2010

L'attente


Attendre l'obscurité de la nuit pour dévoiler ma face, attendre la genèse des sentiments pour engendrer le mot, attendre la marée montante pour libérer l'estuaire de ma barque, pour libérer mes racines de leur peur, de leur crainte de l'autre. Me libérer finalement de l'imperméabilité de mon corps. Attendre.


J'aurais voulu sortir ce soir, sentir le froid glacial du Québec me pénétrer, réveillant en moi l'instinct de la vie, seulement je ne l'ai pas fait, une fois de plus. J'attendais sûrement l'été !

C'est grotesque !

Andrew dirait...., non, Andrew foncerait vers les routes sans pancartes. Il abandonnerait sa barque, il ouvrirait son corps à toutes les langues assoiffées et il n'attendrait pas le salut du Ciel. Lui, c'est un homme d'action. Écrire pour lui c'est arriver nul part, Vivre c'est choisir où aller.

T. quant à lui, il allumerait une cigarette en regardant le feu de la cheminée, il se perdrait dans ses flammes, puis il se donnerait la morsure de l'oubli.

Wahid, en aillant découvert l'absurdité de la vie ou l'ordre dans le déséquilibre, il ne rentrerait pas seul chez lui. Et la barque, il n'a absolument rien à foutre!

Karim ne donnerait pas un signe de vie. Apparemment son cell ne capte plus depuis la fameuse soirée de sa disparition.

Moi, je ferais ce que j'ai jamais fait, dormir juste cinq heure cette nuit. Demain, je mangerai une tartelette au miel avec un verre de lait, j'écouterai Fairouz le matin, je passerai plus de temps avec mes plantes, et j'airai au Gym.

dimanche 17 janvier 2010

Lettre-01

Dans le livre que j'essaye d'écrire en vain, il y a juste toi. Non, il y a nous. Toi, ton assurance feinte, ta démarche ferme, la contradiction de ce que tu es. Et je m'en fous royalement si tu veux savoir, je suis plein de contradiction...
Le livre sera toi, les hauteurs que tu aime tant, et la pathologie du vertige bénin que le médecin m'a découvert ressèment; ton goût prononcé pour la musique anglophone, et mon attirance vers le fado. Ta force incroyable à pouvoir respirer encore dans cette Tunisie que jadis, je l'ai quittée malgré les opportunités offertes.
Comme tu peux voir, nous sommes la contradiction, l'opposition. Mais, sur le chemin de la vie nous nous sommes rencontrés. Il ne y a pas de hasard, tu sais ! Maktoub, disait ma mère, maktoub.
Je dois écrire ce livre. Je dois t'écrire. Mais, je ne sais comment, ni quand je pourrais le faire. Je souffre tous les jours de ne pas pouvoir l'écrire. Je te l'avais promis pourtant. Seulement, cette histoire n'est pas claire... Tu disparais. Tu t'en fuis. Paulo Coelho dit dans l'Alchimiste:Personne ne peut fuir son ceour. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit.

En ce moment, la terre m'exaspère ! Pourquoi Haïti ?
Et puis bien avant, pourquoi la Palestine ? Pourquoi l'Irak? Pourquoi l'Afrique ? Pourquoi la race humaine détient ce gène de la destruction ? Je souffre. Ma souffrance est une histoire enracinée dans le temps, ta souffrance, elle l'est aussi.

dimanche 3 janvier 2010

Elia Abu Madi / إيليا أبو ماضي


Voila que je m'ouvre une fenêtre sur la poésie arabe.
Le cœur est à la poésie ce soir, avec Elia Abu Madi

قال تبـــسم :-
قال السماء كئيبة ! وتجهما ** قلت: ابتسم يكفي التجهم في السما !
قال: الصبا ولى! فقلت له: ابتــسم ** لن يرجع الأسف الصبا المتصرما !!
قال: التي كانت سمائي في الهوى ** صارت لنفسي في الغرام جــهنما
خانت عــــهودي بعدما ملكـتها ** قلبي , فكيف أطيق أن أتبســما !
قلـــت: ابتسم و اطرب فلو قارنتها ** لقضيت عــــمرك كــله متألما

Souris !

Il a dit que le ciel est triste!
Puis, Il s'assombrit
J'ai dit: il y a tellement d'assombrissement dans le ciel, alors souris

Il a dit: La jeunesse s'éloigne
J'ai dit: aucun remord ne peut dompter cette jeunesse fugitive, alors souris

Il a dit: Celle qui fut le ciel de mon amour, et devenue dans la passion, l'enfer de mes pensées,
Elle a diffamé le pacte tandis que le cœur s'est fait sienne,
Comment alors pourrai-je sourire!
J'ai dit: si t'étais dérivé comme elle, tu vivrai dans la tourmente
Alors chante et souris!

P.S : Cette traduction n'est que mienne. Si vous voulez porter des modifications je serai content.

samedi 26 décembre 2009

Une affaire de voyage !

Rien à écrire ce soir. Tout reste à découvrir. Comme dans un voyage, le territoire inconnu où la contemplation retrouve son sens et où la découverte s'invite à chaque moment. Que j'aimerai être dans un voyage interminable !
Que dis-je ? Je suis dans un voyage interminable, justement. Alors comment retrouver l'âme du voyageur ? Comment la retrouver en l'absence de la curiosité enfantine ?
Il me semble que je l'ai perdue quelque part. Quelque part entre deux cœurs, entre deux larmes, deux vies. Trop pressé à vouloir grandir. Et surtout plus souffrir.

Miguel m'a dit ce soir (en écoutant Like a Hobo de Charlie Winston) : tu eres libre. Pourquoi tu te mets des chaines?

Les paroles de Miguel me travaillent encore. Je veux retrouver les bords de mer, où rien ne glisse dans mon château de sable; retrouver l'émerveillement de la découverte, les yeux qui s'écarquillent, les étoiles qui brillent, le sourire qui se dessine, le trésor d'Ali Baba, les milles et une nuit.

Mais je sais, ce n'est pas une question de nostalgie. Réapprendre à vivre c'est le chemin du guerrier, le voyage du Petit prince perdu.

mercredi 9 décembre 2009

Déposer les masques

Ce soir je dépose le masque bambara. Je ne l'enlève pas, je l'assimile, je l'aime et je l'offre telle une buche alimentant le feu de la compréhension. L'acte sera doux, affectueux, et respectueux. Longtemps il fut mien. Longtemps il fut l'empreinte que mon regard posait sur le monde. La ressemblance ou la non-ressemblance entre nous deux et rarement fut mise en doute. Je le portais, non uniquement tel un masque, mais plutôt, une émeraude au tour du cou.

Il est fait de bois solide et lisse. Sur lui, on a gravé les secrets incontestables d'une civilisation arabe. Une langue dépourvue, dans les moments intimes et réels, de langue. Trois entailles sous les yeux, trois décennies. Et bizarrement pour la troisième entaille sur le front, une feuille. Et un peu plus haut ce personnage tel un aigle protecteur.

- M'abandonnes-tu ? il me le demande.
- Non, et comment pourrais-je ! Ma tige te doit énormément ma croissance, mais tes racines vont au sens contraire, hélas
- Ainsi, tu n'as plus besoin de moi, dit-il chagriné.
- Il est temps que tu goûtes à l'aisance avec moi, que tu te laisses aller à ma musique.
- J'ai peur pour toi, il rétorque.
- Et si je te dis que je me lance désormais avec hardiesse, et que tu sauras toujours dans mon cœur !

Le masque bambara est désormais une énergie intense, joyeuse, réconciliatrice en moi.

Demain, j'ai comme une envie, de dessiner un soleil sur la neige.